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Née en 1991, à Rueil-Malmaison, elle vit et travaille à Paris


« Mon travail installe des cheminements dans lequel l’image (photographique ou filmique) se mue en sculptures connectées à l’architecture qu’elles occupent. De l’espace du livre à celui du lieu investi, j’explore les liens entre succession d’images et production de volume. Je convoque l’influence de la distance entre l’oeuvre et le spectateur sur la lecture des images, engageant chaque fois le corps de celui-ci dans des déplacements au sein de l’espace d’exposition. Je suis amenée à utiliser régulièrement dans mes productions plastiques tout ou fragments de propositions précédentes ce qui leur donne de multiples lectures ».
Le livre, sa production, ses formes, son histoire et ses usages, a toujours été au coeur de ma pratique de la sculpture et de l’espace d’exposition. C’est en manipulant des livres faits à partir de mes propres collections d’images photographiques, ainsi qu’en fréquentant des catalogues d’Histoire de la sculpture des années soixante-dix dont les oeuvres précaires ou in situ n’ont souvent été transmises qu’au travers de documents, que ma pratique sculpturale et spatiale s’est élaborée. Le travail propre de la publication, l’usinage, le rayonnage et le stockage, donnèrent les premières formes construites à la manière de sculptures dérivées de meubles de présentation et de rangement, ainsi que de nombreux dispositifs qui utilisaient le livre comme unité sérielle ; se déployèrent dans l’espace architectural à la manière d’oeuvres minimales. Par la suite, à la gestion physique du livre dans des lieux, la lecture est devenue un autre vecteur, une autre technique, pour traduire l’expérience du livre dans l’espace physique.
Lire est une activité physique, c’est un corps construit qui déambule dans l’espace d’un «monde texte» constitué de «mots matière».  Parvenir à produire ce corps lecteur, bâtir cet espace textuel pour le rendre praticable et expérimental par un autre corps, uniquement sensible, seulement fait de perceptions, de sensations et de phénomènes, c’est là tout l’enjeu de mon travail.

Caroline Reveillaud est diplômée de l’Ecole nationale supérieure des Beaux Arts de Paris. Depuis 2013 elle participe à de nombreuses expositions de groupe, des workshop ainsi qu’à des stages auprès des artistes Charlotte Moth, Kristina Solomoukha et Paolo Codeluppi. En septembre 2016, elle fonde avec Tania Gheerbrant et Mahalia Köhnke-Jehl le collectif JGB avec lequel réalise un travail collaboratif.